Haches néolithiques de Sivrey

Ces haches  taillées, puis polies, dans la jadéite et la serpentinite des Alpes forment le dépôt d’Auxon (Aube), découvert, en 1925, par M. Hugot-Herluison, au Pré Carré près du hameau de Sivrey.

Don de M. et Mme Charles Raymond, par l’intermédiaire de l’association des Amis des musées d’Art et d’Histoire, 1987

Ces quatre haches forment un dépôt volontairement enfoui dans le sol au début du 4e millénaire avant notre ère. L’une est usagée ; les trois autres, partiellement polies, n’ont jamais servi en tant qu’outils. Toutes ont été sur-polies jusqu’à présenter des surfaces brillantes, ce que permettent les roches rares dont elles sont faites, caractéristiques des Alpes du Nord et plus spécialement du massif du Mont Viso, entre 1 800 et 2 400 mètres d’altitude. Elles sont en usage pendant les 5e et 4e millénaires. De telles haches se sont répandues, depuis Chambéry, la Saône et le Rhin, dans toute l’Europe du Nord, jusqu’en Écosse. C’est un symbole culturel des inégalités sociales qui se développent dès les débuts du Néolithique, réservant certains biens de prestige à la fraction dirigeante de la population qui les obtient au travers d’échanges cérémoniels, à plusieurs centaines de kilomètres de distance. La qualité de ces haches entraîne également l’ensemble des populations néolithiques à améliorer la taille des autres roches et du silex. Il était d’usage de les déposer dans les tombes ou, sous forme de dépôt cultuel comme à Auxon, de les ficher en terre pour marquer symboliquement le paysage.

Mobilier de l’allée couverte de Frécul

Une hache de silex, une autre en roche noire, toutes deux polies, une lame de silex et un coquillage de cardium forment une partie du mobilier funéraire retrouvé dans la sépulture mégalithique, dite allée couverte, des Grèves de Frécul à Barbuise, la plus importante jamais découverte dans le Nogentais.

Dans les collections du musée en 1878

Ce monument, remonté dans la cour du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie en 1874, mesure en effet plus de 4 mètres de long pour environ 1,50 m de large et 1,25 m de haut. Il est formé de quatre larges dalles sur les côtés, fermé d’une seule dalle à son extrémité et deux dalles plus petites à l’entrée, l’ensemble couvert de trois grosses dalles, le tout jadis couvert d’un tertre de terre. Il s’agit d’une sépulture collective en usage pendant plusieurs siècles dans la seconde moitié du 4e millénaire avant notre ère, au temps du Néolithique final relevant de la culture dite de Seine-Oise-Marne.

Pointe de lance de l’âge du Bronze

De type dit Tréboul, cette pointe de lance en bronze fut découverte dans les marais de Saint-Germain.

Dans les collections du musée en 1907

Elle présente plusieurs défauts de fonderie tels les deux trous bien visibles à l’un des deux ailerons. La douille offre à sa base des trous destinés aux rivets qui l’attachaient à sa hampe de bois. De telles pointes sont fréquentes dans le domaine atlantique et remonte à la première moitié du Bronze moyen, dans la première moitié du 2e millénaire avant notre ère.

Hache de Laubressel

Cette hache à aileron, en bronze, fut découverte au lieu-dit Les Puisats à Laubressel en 1896.

Acquisition en 1896

Ce type de hache est rare dans l’Aube mais beaucoup plus répandu sur la façade atlantique et dans les dépôts du Centre-Est de la France. Témoins d’un savoir-faire complexe, ces haches sont fondues dans un moule en deux parties ; les ailerons qui les caractérisent sont, après démoulage, rabattus pour former une gouttière permettant de les fixer solidement à un manche de bois aujourd’hui disparu. Elles datent du 9e siècle avant notre ère, aux temps du Bronze final.

Phalères de Saint-Martin-de-Bossenay

Ensemble de 5 disques à bélière servant de pièce de harnachement du cheval ou d’ornement du char.

Dans les collections du musée en 1878

Appartenant à un ensemble de 21 pièces découvertes en 1867, aujourd’hui partagé entre le musée national d’Archéologie à Saint-Germain-en-Laye, le British Museum de Londres et le musée de Troyes, ces disques en tôle de bronze formaient autant d’appliques décoratives de couleur jadis dorée, à l’extrême fin de l’âge du Bronze, au 8e siècle avant notre ère. Il est toutefois difficile de préciser leur usage exact : probable ornement du char ou du harnachement du cheval d’un haut dirigeant. Cet ensemble exceptionnel semble avoir été soigneusement et volontairement enfoui sous forme d’un dépôt rituel dont la vocation cultuelle ou symbolique nous échappe encore.

Anneaux à oves de l’âge du Fer

Découvertes à Droupt-Saint-Basle en 1878, ces parures annulaires appartiennent au premier âge du Fer, dit période de Hallstatt.

Dans les collections du musée en 1878

Ces larges anneaux à oves en bronze ornaient les jambes des femmes du plus haut rang, de la fin du 7e au milieu du 6e siècle avant notre ère, et témoignent de la mode des formes massives aux reliefs accentués. Ces volumineux ornements, ici d’un type particulier dit de Dombrot-le-Sec, répandus du Châtillonnais au nord de la Haute-Marne jusqu’aux Vosges, constituaient surtout de véritables marqueurs sociaux, emportés jusque dans la tombe par leurs nobles propriétaires.

Chaudron de Buchères

Découvert à Buchères, non loin de Troyes, en 1806, ce chaudron de bronze, donné au musée en 1835 par MM de Noël père et fils, provient sans doute d’un enclos funéraire dont plusieurs dizaines ont été récemment reconnus lors des fouilles du parc logistique de l’Aube dans les années 1990.

Il appartenait au mobilier d’une tombe aristocratique des débuts du premier âge du Fer, dit époque de Hallstatt, vers 800 à 700 avant notre ère. Plusieurs exemplaires comparables, sinon identiques, ont été retrouvés de l’Oise à la Côte d’Or en passant par l’Yonne et l’Aube. Il s’agit d’objets de grand prestige, importés du Nord-Est de l’Adriatique, caractérisés par un type d’anse particulier, dit cruciforme. Les deux anses évitaient que le chaudron plein ne bascule sur le côté.

Œnochoé de Pouan

Ce pichet à vin étrusque découvert fortuitement à Pouan-Les-Vallées en 1843 pourrait provenir de la tombe d’un guerrier celte de haut rang, de nombreuses sépultures aristocratiques de cette époque ayant livré du mobilier de ce type.

Don de l’abbé Coffinet en 1860

Cette cruche de bronze qu’on appelle du mot grec, œnochoé, est un récipient destiné, chez les Celtes, à contenir de l’eau ou du vin. Il s’agit d’une fabrication étrusque du 5e siècle avant notre ère, exportée ensuite au-delà des Alpes depuis l’Italie. Plutôt que d’un commerce à proprement parlé, mieux vaut voir dans la circulation de ces objets de prestige, les traces d’échanges entre élites des différentes parties de l’Europe afin de se procurer des produits rares, dont la possession permettait de manifester leur pouvoir. Ils accompagnent souvent dans leur tombe, les aristocrates du plus haut rang, soucieux de perpétuer dans l’au-delà les banquets, théâtres de leur autorité pendant leur vie terrestre.

Vaisselle de la tombe à char d’Estissac

Constitué d’un chaudron et de deux cistes, ce lot appartient à une sépulture de prestige des environs de 450 avant notre ère – un tertre monumental fouillé en 1991 – pourvue d’un vieux char de guerre à deux roues dissemblables.

Dépôt de l’État en 1994

Comparable à celui de Buchères, le chaudron, originaire d’Istrie-Slovénie, porte la trace de nombreuses réparations et a été enseveli sans ses anses. Au moment de son enfouissement, cet objet avait plus de cent d’âge. Les cistes, fabriquées en Europe centrale, ont conservé leurs anses mobiles torsadées ; leurs panses sont ornées de neuf bandes parallèles en relief et de lignes de petits points. L’une des deux était tapissée d’une étoffe bicolore qui a laissé quelques traces à l’intérieur, et accompagnée de cinq perles d’ambre de la Baltique. Tous ces récipients, longtemps utilisés, contenaient les cendres de plusieurs défunts : trois jeunes adultes et un adolescent. Or, les incinérations sont peu communes en Champagne à cette époque et de telles tombes à char sont généralement réservées à un seul homme, et non à plusieurs, accompagné d’un mobilier de parade rarement aussi usé. Cette tombe témoigne sans doute du grand prestige d’une famille de haut lignage.

Miroir étrusque découvert à La Vendue-Mignot

La découverte de miroirs étrusques au nord des Alpes est relativement rare. Celui-ci, en bronze, est entièrement travaillé par moulage et gravure au ciseau. La surface réfléchissante du miroir a gardé par endroits son aspect doré. 

Don en 1994

Ce miroir de bronze appartient à une large série d’objets typiquement étrusques, fabriqués en Italie centrale. Son manche est enrichi d’une tête de bélier et son revers gravé d’une divinité étrusque appelée Lase, génie féminin compagne de Turan, déesse de l’amour, une iconographie tout-à-fait adaptée à un miroir de toilette. Il est cependant fort rare de découvrir de tel objet en Gaule.

Mobilier de la tombe à inhumation de La Charme, à Troyes

Cette tombe, du dernier quart du 4e siècle avant notre ère, fut découverte au 19e siècle sur le territoire même de l’actuelle commune de Troyes.

Le bracelet, chef d’œuvre du « style plastique », porte un décor où se reconnaît une suite de masques humains, aux yeux immenses, entremêlés d’esses et de volutes subtilement agencées. Le poignard dit pseudo-anthropomorphe, en raison de la forme particulière de sa poignée, est également fort rare. Comme les perles de verre bleu, ces objets de qualité suggèrent l’appartenance du défunt à la classe aisée des Sénons mais l’absence d’une chambre funéraire et d’un tertre signalant sa sépulture ne permet de reconnaître un aristocrate de très haut rang.

Fibules de Conflans-sur-Seine

Du 3e siècle avant notre ère, ces deux fibules sont utilisées pour attacher entre eux les pans des vêtements des personnes de haut rang.

Acquisition en 1848

Ces deux fibules présentent un décor exceptionnel qui appartient à ce qu’on appelle le « style plastique ». Ce décor mêlant abstractions et bêtes fantastiques, caractérise les pièces les plus prestigieuses des élites celtes du Bassin parisien et de la Picardie, en particulier les Sénons, peuple gaulois occupant, entre autres, la partie sud-ouest de l’Aube. Ainsi, ces fibules sont-elles des témoins majeurs de l’art celte, emportées dans la tombe par leur dernier possesseur, membre d’une élite seule capable d’en ordonner la création.

Sépulture masculine 31 de la nécropole gauloise de Saint-Benoît-sur-Seine

Le défunt, du premier quart du 3e siècle avant notre ère, était accompagné de ses armes dont subsistent une épée dans son fourreau et ses chaînes de suspension, un fer de lance et les débris d’un bouclier, enfin un bracelet et une fibule, le tout en fer.

Don J. Bienaimé en 1985

Épée, lance et bouclier forme la panoplie classique du guerrier gaulois, ici un Sénon. La nécropole, remontant au premier âge du Fer, reste utilisée du milieu du 4e à la fin du 3e siècle avant notre ère par une communauté installée sur la rive droite de la vallée de la Seine.

Sépultures féminines 38 et 42 de la nécropole gauloise de Saint-Benoît-sur-Seine

Entre le dernier quart du 4e siècle et le premier quart du 3e siècle avant notre ère, ces deux défuntes emportèrent dans leurs tombes la parure de toute femme de haut rang : torque, bracelets, brassards, anneaux de cheville, avec une à trois fibules, voire une ceinture, le tout de bronze.

Don J. Bienaimé en 1985

Loin d’être des éléments de mode, ces objets sont avant tout le symbole fort d’une position sociale éminente au sein de la société gauloise, indiquant leur rang, leur âge, mais aussi leur appartenance au peuple Sénon, entre Sénonais et Champagne méridionale actuels, seul à utiliser des torques à nodosités ternaires tels que ceux-ci.

Torques ternaires des Gaulois Sénons

Il existe 28 types et variantes de tels torques ternaires, caractéristiques du peuple gaulois des Sénons, seul à les avoir fabriqués.

Don M. Soufflet en 1893

Ces colliers étaient portés par les femmes mariées adultes de haut rang. La forme des trois protubérances, la présence d’un décor secondaire qui lui-même est susceptible de varier, est en effet d’une grande diversité. Ces bijoux ne faisant pas l’objet d’un commerce mais bien de commandes spécifiques des grandes familles, ces différences reflètent peut-être d’une volonté d’identification des groupes qu’elles pouvaient former au sein de l’élite sénonne.

Torque à arceaux des Gaulois Sénons

Découvert à Saint-Loup-de-Buffigny.

Acquisition en 1868

 

 

Acquisition en 1848

Les variantes de ce type de torque sont tout aussi nombreuses que pour les torques ternaires qui leur sont contemporains, mais comme eux, ce collier est propre aux femmes mariées de l’élite du peuple Sénons dans la seconde moitié du 4e et au début du 3e siècle avant notre ère et constitue un marqueur identitaire rarement aussi manifeste parmi les multiples peuples de la Gaule.

Sépulture féminine 21 de la nécropole gauloise de Saint-Benoît-sur-Seine

A partir du second quart du 3e siècle avant notre ère, les femmes de haut rang modifient leur parure.

Don J. Bienaimé en 1985

Le torque disparaît et la ceinture, désormais entièrement de bronze comme ici, est plus fréquente. Il n’y a plus qu’une seule fibule par tombe. On trouve ici un bracelet de verre, création celtique à partir d’une matière première pourtant importée de Méditerranée orientale. Cependant, un tel mobilier demeure rare et symbolise l’importante position sociale de la défunte.

Bague de la sépulture féminine 6B de la nécropole gauloise de Saint-Benoît-sur-Seine

Don J. Bienaimé en 1985

Dans le courant du 3e siècle avant notre ère, chez les Sénons, les bagues de bronze comme celle-ci se font plus rares dans les sépultures des femmes de haut rang.

Bracelet de verre du 3e siècle avant notre ère

Découvert à Molins-sur-Aube.

Don 1959

Les Gaulois ne produisent pas eux-mêmes le verre, matériau importé depuis la Méditerranée orientale par l’intermédiaire de l’Italie. De blocs bruts, déjà colorés, ils savent cependant tirer des formes nouvelles, inconnues des Méditerranéens, comme les bracelets. Apparu à la fin du 4e siècle avant notre ère, cette production se répand à la fin du 3e siècle tout en demeurant une parure fragile de grand luxe réservée à l’élite gauloise, régulièrement présent dans les tombes les plus riches. Sa fabrication requiert un grand savoir-faire : après avoir créer une perle, l’artisan l’agrandit en l’étirant autour d’une tige métallique, le ferret, ou d’un cône sur lequel la perle est enfilée. Une fois le diamètre voulu atteint, il décore le bracelet de filets de verre d’une autre couleur.

Anneaux de verre du 1er siècle avant notre ère

Dans les collections du musée en 1955

À la fin de la période gauloise, peu avant la conquête romaine, le verre est devenu un matériau plus commun. Les Sénons créent des objets plus simples, sans décor, de fabrication plus aisée et plus rapide, sans cesser cependant d’être des parures de luxe dévolues aux gaulois les plus aisés.

Statue d’Apollon découverte à Vaupoisson

Découverte fortuitement à Vaupoisson en 1813 et acquis par la Ville de Troyes dès 1820.

La taille de cette statue de bronze du 2e siècle de notre ère, sa qualité technique, l’apparence juvénile de la figure, sa nudité, son attitude ont entraîné son identification avec le dieu Apollon, généralement représenté de la sorte dans le monde gréco-romain, d’après maintes effigies divines nées du ciseau des grands maîtres de la sculpture grecque. Cette adoption d’un modèle classique, étranger aux traditions celtes, n’empêchaient nullement les Gaulois d’y reconnaître leur propre « version » du dieu Apollon, généralement une puissante divinité guérisseuse. Cette découverte extraordinaire, tant sont rares les grandes statues de bronze à avoir survécu à l’Antiquité, fut en 1820 le premier achat de la Société académique de l’Aube en faveur du musée de Troyes.

Dépôt monétaire de Chaillouet

Les fouilles archéologiques préventives menées à Troyes sur le site des anciens abattoirs municipaux ont mis au jour, en 1994, dans les ruines de la domus dite de Chaillouet, un dépôt monétaire d’environ 186 000 monnaies gallo-romaines en bronze contenues dans une amphore. Par le nombre de pièces, c’est le trésor le plus important trouvé jusqu’à aujourd’hui.

Il est composé de petites pièces en bronze datant de la seconde moitié du 3e siècle après J.C. Ces monnaies sont pour la plupart des imitations de la monnaie officielle de l’époque (antoninien), frappées à l’effigie de l’empereur gaulois et usurpateur, Tétricus 1er. En quelque sorte une fausse-monnaie « officielle ». 186 000 pièces ! De quoi payer toute une armée. C’est d’ailleurs une des hypothèses qui est retenue : une banque mobile destinée à payer les légions romaines et située en retrait des zones de conflits telle la bataille de Châlons-en-Champagne opposant l’empereur légitime, Aurélien, au dissident Tétricus. L’amphore, remplie de pièces, a été ensevelie volontairement lors de ces troubles qui poussent à cacher les biens les plus précieux dans le sol. Pourquoi celui-ci n’a-t-il pas été récupéré par ses propriétaires une fois le danger écarté ? Ont-ils disparu en emportant le secret dans leur tombe ? Les constructions successives n’ont pas dérangé la cachette. Même au 19e siècle lors de la construction des abattoirs, les fondations n’ont pas atteint l’amphore. Ce n’est qu’en 1994, lors de la démolition de ces abattoirs, que le trésor sortit de l’oubli où il était tombé.

Verre gravé de l’Antiquité tardive

Découvert entre 1986 et 1987 dans la nécropole de Saint-Parres-aux-Tertres.

Don en 1994

Ce récipient à boire apode, c’est-à-dire sans pied, est orné d’une frise d’ours soigneusement gravée dans l’épaisseur du verre. Les thèmes cynégétiques sont fort répandus dans l’Antiquité, tant la chasse demeure une activité pratiquée par les élites sociales auxquelles un tel objet, rare et coûteux, était destiné. Il semble avoir été fabriqué en Rhénanie au 4e siècle de notre ère.

Mobilier funéraire dit Trésor de Pouan

En 1842, le hasard de travaux fit découvrir, à Pouan-les-Vallées dans l’Aube, une riche tombe du troisième quart du 5e siècle de notre ère dont ne fut recueilli que le mobilier le plus précieux.

Don de Napoléon III en 1860

Acquis par l’empereur Napoléon III, en 1858, sur la suggestion de l’archéologue Achille Peigné-Delacourt, le tout fut offert au musée de Troyes en 1860. Le défunt était accompagné d’une longue épée de cavalier, d’une lame plus courte, appelée scramasaxe, et de leurs fourreaux ornés de plaques d’or cloisonnées de grenats importés du Rajasthan, au nord de l’Inde, mais aussi de magnifiques bijoux d’or massif : collier, bracelet, boucles, certaines également cloisonnées, et d’une bague portant le nom goth d’HEVA, peut-être celui du guerrier de très haut rang inhumé à Pouan. Toutefois, au regard de la datation tardive de ces pièces exceptionnelles, créées en, ou inspirées par, l’Europe centrale danubienne, il n’est pas possible de rattacher cette sépulture à quelques défunts célèbres tombés lors de la bataille des Champs Catalauniques de 451, de localisation imprécise entre l’Aube et la Marne, qui vit s’affronter victorieusement le patrice Aetius et les dernières troupes romaines, augmentées des armées des rois barbares leurs alliés, contre le redoutable Attila et sa horde de Huns.

Les vases grecs de la collection
du Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie

Étude réalisée par Geoffrey Aigle, sous la direction d’Arianna Esposito et de Sabine Lefebvre, année 2014-2015

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