Haches néolithiques de Sivrey

Ces haches  taillées, puis polies, dans la jadéite et la serpentinite des Alpes forment le dépôt d’Auxon (Aube), découvert, en 1925, par M. Hugot-Herluison, au Pré Carré près du hameau de Sivrey.

Don de M. et Mme Charles Raymond, par l’intermédiaire de l’association des Amis des musées d’Art et d’Histoire, 1987

Ces quatre haches forment un dépôt volontairement enfoui dans le sol au début du 4e millénaire avant notre ère. L’une est usagée ; les trois autres, partiellement polies, n’ont jamais servi en tant qu’outils. Toutes ont été sur-polies jusqu’à présenter des surfaces brillantes, ce que permettent les roches rares dont elles sont faites, caractéristiques des Alpes du Nord et plus spécialement du massif du Mont Viso, entre 1 800 et 2 400 mètres d’altitude. Elles sont en usage pendant les 5e et 4e millénaires. De telles haches se sont répandues, depuis Chambéry, la Saône et le Rhin, dans toute l’Europe du Nord, jusqu’en Écosse. C’est un symbole culturel des inégalités sociales qui se développent dès les débuts du Néolithique, réservant certains biens de prestige à la fraction dirigeante de la population qui les obtient au travers d’échanges cérémoniels, à plusieurs centaines de kilomètres de distance. La qualité de ces haches entraîne également l’ensemble des populations néolithiques à améliorer la taille des autres roches et du silex. Il était d’usage de les déposer dans les tombes ou, sous forme de dépôt cultuel comme à Auxon, de les ficher en terre pour marquer symboliquement le paysage.

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