Nouvelle acquisition pour les galeries de peintures

Un tableau
de Jacques LINARD
(Troyes, 1597 – Paris, 1645)
rejoint les galeries de peintures du musée des Beaux-Arts

Nature morte dans un bol Wan Li

Huile sur toile
H. 46 cm  L. 55 cm
Daté 1643 sur la boîte

Le peintre Jacques Linard est né en 1597 à Troyes, où il est baptisé le 6 septembre. Son père, Jean Linard, est maître peintre et il est sans doute à l’origine de sa formation initiale. Plus tard, il formera à son tour son neveu, le peintre de nature morte Nicolas Baudesson, également très renommé.

A partir de 1525, sa présence est attestée à Paris. Devenu titulaire du titre de peintre et valet de chambre du roi, il côtoie les plus grandes figures du royaume.  Ainsi il dédiera expressément en 1627 une de ses compositions au cardinal de Richelieu.

A partir de 1934, I’exposition des « Peintres  de la Réalité  », assure la reconnaissance, par les institutions et par les amateurs, du  talent  de  Jacques Linard au sein de la production de l’époque, et plusieurs musées importants acquièrent ses œuvres : Louvre, musée des Beaux-Arts de Montréal, Prado.

La toile témoigne de l’art de ce peintre, l’un des plus importants du genre de la nature morte pour la période. On y retrouve cette nuance de gris argenté – que Linard utilise souvent dans ses œuvres, mais aussi l’équilibre de la composition, la description attentive des fruits – on remarquera le détail splendide des quatre petites gouttelettes d’eau sur le couvercle de la boîte en bouleau -, la palette délicate et  la matière crémeuse, qui en font un exemple majeur et significatif de la peinture française sous Louis XIII.

L’œuvre revêt un intérêt de premier plan, pour le musée des Beaux-Arts où la nature morte de la première moitié du 17e siècle occupe une place particulière. Les Amis des musées d’Art et d’Histoire y ont d’ailleurs contribué en offrant en 2000, un tableau de Jean-Michel Picart, peintre nordique ayant mené une brillante carrière en France.

Tout cet ensemble est mis en valeur dans la nouvelle muséographie initiée avec les nouvelles galeries de peintures ouvertes au public le 15 mars dernier, où l’œuvre de ce peintre manquait. Grace au Fonds du Patrimoine, du FRAM de la région Grand Est et des Amis des Musées d’Art et d’Histoire, c’est désormais chose faite avec l’arrivée de ce tableau de Jacques Linard, dont l’art subtil est  merveilleusement  évoqué par Jean-François Revel (Connaissance des Arts, 1958) : « Linard pénètre dans la texture des fleurs, dans la pulpe des fruits, non pas avec la seule acuité analytique un peu froide des Flamands du 15e siècle, ni avec l’exubérance intellectuelle et abstraite de Baugin ou de Zurbaran. Mais selon une formule très personnelle qui unit les trois précédents tout en les modérant, Linard aboutit à un intimisme équilibré, d’une très grande finesse picturale ».

Chantal Rouquet,
Conservateur en chef du Patrimoine,
Directrice-adjointe des Musées de Troyes

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