Vous êtes ici :

Les oeuvres graphiques de la donation Lévy

Au sein de la donation Lévy, les arts graphiques occupent une place importante avec près de 1400 oeuvres. Un aspect essentiel de ce fonds est leur volonté de posséder des dessins qui mettent en évidence le processus de création. En ce sens, de par leur proximité avec les artistes, voire les profondes amitiés développées avec certains d’entre eux, les Lévy ont tenu à leur acheter tant des œuvres que des dessins, ces derniers traduisant le travail préparatoire qu’ils étaient les seuls à pouvoir observer régulièrement.

Voir l'image en grand Marinot, Anniversaire, 1946

Voir l'image en grand Marinot, Autoportrait au bonnet, 1944

Ce phénomène se vérifie particulièrement pour les deux artistes dont ils furent les plus proches, Maurice Marinot et André Derain. Concernant Marinot, ils ont collectionné ses verreries tout comme ses tableaux, qu’il a pourtant gardés secrets tout au long de sa vie, privilégiant ainsi la visibilité de son œuvre de verre. Ses dessins, seconde facette cachée de son œuvre, forment un ensemble de sept cent quatre-vingt feuilles qui reflètent tout autant le travail d’études des motifs de ses verreries que les moments passés aux côtés des Lévy.

Les dessins sont plus ou moins aboutis, certains se résumant à une ligne jetée sur le papier, d’autres traduisant un degré d’aboutissement que vient couronner la couleur. La vie des Lévy y est déclinée sous toutes ces formes, du portrait classique aux scènes de la vie quotidienne, que ce soit Pierre Lévy dormant dans son fauteuil ou Denise lisant. Il a notamment représenté dans de nombreux dessins leurs cinq enfants, les montrant de la naissance à l’âge adulte. Quelques scènes plus rares méritent d’être dévoilées tel ce magnifique portrait de couple intitulé Anniversaire ou ce dessin insolite de Pierre et Denise de dos dans la voiture les conduisant à Valencay.

Voir l'image en grand Marinot, Pierre Lévy à Bréviandes, non daté

Concernant André Derain, l’ensemble de près de cent quarante dessins dévoile son processus de création ininterrompu, les dessins précédant aussi bien un tableau qu’une céramique. Un même thème peut faire l’objet de dizaines d’esquisses avant de servir à la création d’une peinture. Certains ont été les prémices d’un travail d’illustration. D’autres peuvent tout simplement être considérés comme des œuvres en soi.

Un autre fonds important est celui d’un artiste moins connu mais non moins talentueux, Georges Kars. Les Lévy ne l’ont pas connu directement mais ont acheté les peintures et les quelques cent cinquante dessins présents au musée aux trois ventes de juin et octobre 1966 consacrées à l’artiste dont deux concernaient la dispersion de son atelier. Son œuvre graphique est marquée par une grande variété de styles et de sujets qui révèlent une excellente maîtrise technique et un style personnel affirmé. Ces dessins de jeunesse se jouent déjà de thèmes pourtant plus que classiques par la finesse du modelé et du dégradé. Ceux-ci contrastent avec les scènes de la vie moderne qu’il dépeint dans un style plus caricatural ou dans des couleurs vives appliquées en lavis. Cependant, les dessins les plus fascinants sont très certainement ses portraits d’inconnus que l’artiste parvient à doter d’une présence troublante. En ce sens, le choix d’un portrait de femme à la sanguine comme image de l’exposition est un hommage à ce créateur injustement méconnu du public.

Voir l'image en grand Kars, Tête d'enfant les yeux levés vers le ciel, 1900

Voir l'image en grand Kars, Nu féminin en buste, 1929

Le musée possède également près de deux cents dessins de Simon Lévy. Artiste méconnu lui aussi, il fut l’un des chefs de file de la peinture alsacienne et notamment du Groupe de Mai. À partir de 1918, il en fut l’ambassadeur par son installation à Montparnasse. Son œuvre est fortement marqué par l’influence de Paul Cézanne. L’artiste est décrit comme « sincère [et] désintéressé » et « un guide incomparable sur le chemin de l’intelligence esthétique » dans les mémoires de Pierre Lévy. Celui-ci acquit d’ailleurs à la vente de l’atelier en 1973, son buste, réalisé par son ami sculpteur Rik Wouters, aujourd’hui visible au musée. Ce fonds de dessins, sans doute acquis à cette même vente, permet de cerner un processus de création exigeant, voire perfectionniste, expliquant tant le nombre de dessins que le faible nombre d’œuvres qu’il a produit. Outre des paysages et natures mortes, la majorité de ses dessins révèlent son talent à représenter des portraits et des nus, souvent réalisés à l’encre, dans un style spontané contrastant avec celui plus posé de ses toiles. L’influence de Cézanne se retrouve tant dans son œuvre peinte que graphique. Cette omniprésence du maître d’Aix caractérise d’ailleurs la collection Lévy comme en témoigne certaines œuvres de Derain ou d’autres artistes. Pierre Lévy précise d’ailleurs dans ses mémoires qu’il « eut le bonheur d’acquérir une de ces précieuses lettres à Pissarro » et un petit paysage d’Aix, une des premières œuvres qu’il a acquise et « qui a décidé de tout le reste ». Lévy indique d’ailleurs que « s’il ne fallait posséder qu’un seul tableau, je pense que ce serait un Cézanne ».

En dehors de ses fonds remarquables, les Lévy ont également collectionné de manière ponctuelle des œuvres des plus grands artistes modernes tel Henri Matisse, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Robert et Sonia Delaunay, Georges Rouault, Jean Cocteau dont la diversité des styles n’entame pas une homogénéité du regard. Il est intéressant de considérer qu’ils ont acquis des dessins emblématiques de leur travail mais qu’ils se sont aussi attachés à un aspect plus secret, personnel, au travers du thème de l’autoportrait. A côté des autoportraits d’amis peintres tels que Marcel Gimond, André Derain, Georges Kars et Maurice Marinot, l’autoportrait de Tal-Coat semble un choix singulier. Cependant, sa présence dans les collections s’explique par le fait que les Lévy ont possédé, non pas un, mais deux autoportraits, ainsi qu’une dizaine de ses natures mortes et de ses paysages.

Voir l'image en grand Modigliani, Portrait de Léopold Zborowski, 1917

Voir l'image en grand Delaunay, Football, 1917

Diminuer la taille de la police (medium).Augmenter la taille de la police ().Augmenter les contrastes en inversant les couleurs. Supprimer l'ensemble de la personnalisationAjouter aux favoris

Voir l'image en grand