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Apothicairerie de l'Hôtel-Dieu-le-Comte

Une des plus belles apothicaireries de France dans son écrin d'origine, du 18e siècle.

Pharmacopoeia in 18th century
One of the most beautiful apothecary shops in France in its original 18th century location

UNE PHARMACIE AU 18e SIECLE

Nombreux pots de pharmacie {majolique, faïence} contenant autrefois baumes et pilules, et une exceptionnelle collection de plus de 300 boîtes médicinales en bois peint. Objets rares, du mortier au précieux reliquaire.

Pharmacy in 18th century

Numerous pharmacy jars {majolica and earthenware}, which used to contain ointments or pills, and an exceptional collection of more than 300 medicine boxes in painted wood. Rare objects, ranging from an old mortar to a precious reliquary.


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Pour tous ceux qui sont à la recherche de collections originales, l’Apothicairerie de l’Hôtel-Dieu-le-Comte constitue une étape privilégiée. Sur le site de l’Hôtel-Dieu-le-Comte, fondé au 12e siècle par le comte de Champagne Henri Ier le Libéral, demeure l'ancienne pharmacie préservée en l’état depuis son aménagement au début du 18e siècle qui figure parmi les plus remarquables de France.

Cette apothicairerie d’hôpital a servi de pharmacie jusqu’en 1962. Ouverte au public depuis 1976, la pharmacie-musée se compose de la « grande salle », pièce où les produits et plantes destinés à l’élaboration des remèdes étaient conservés et du « laboratoire », pièce attenante où les médicaments étaient préparés.

La grande salle

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Elle a pu être conservée telle qu'elle se présentait à l'époque de son installation au début du 18e siècle. Cette vaste pièce presque carrée, d'environ 8 mètres de côté et de près de 5 mètres de hauteur, a ses quatre murs entièrement recouverts de dix étages de rayonnages où sont disposées boîtes et faïences médicinales.

La salle et les collections qu’elle abrite ont fait l’objet d’un triple classement par les Monuments Historiques : en 1958 pour les boîtes médicinales en bois peint, en 1964, pour la salle et ses boiseries et en 1984 pour la collection de faïences médicinales anciennes.

Les boiseries en chêne, datant de l'aménagement de la pharmacie entre 1704 et 1724, de style Louis XIV, sont chargées de boîtes et de faïences qui étaient remplies d’ingrédients. La monumentale échelle roulante, montée sur galets de cuivre, permet d'accéder aux rayonnages élevés. Dans cette pièce accessible uniquement à la sœur apothicaire et à ses aides, étaient conservés tous les ingrédients nécessaires à l’élaboration des remèdes, baumes, tisanes, qui étaient préparés dans la pièce voisine, appelée « laboratoire ».

Les boîtes médicinales : une collection unique

  Voir l'image en grand Boîte Ivoire

Les boîtes médicinales, anciennement appelées « silènes », représentent la plus grande originalité de la collection et forment un ensemble unique en France, tant pour la quantité que pour la qualité des décors. Ces 319 boîtes en bois peint (bleu, jaune, rouge) réparties sur six niveaux d’étagères, conservaient séchés les produits de base d’origine végétale, animale et minérale, avant qu’ils ne soient réduits en poudre et transformés en remèdes.

La plupart des boîtes sont parallélépipédiques, les autres cylindriques. Sur les premières, un cartouche annonce le nom de la plante ou du produit contenu, en grande majorité des plantes médicinales ou « simples », dans un encadrement de volutes et de fleurs. Ces illustrations proviennent d’un ouvrage, l’Histoire des Drogues, réputé à l’époque, publié en 1695 par un marchand-droguiste parisien, Pierre Pomet.

Sauge, tilleul et camomille côtoient racine de mandragore, bézoard, sang-dragon, poudre de crâne humain et de pierres précieuses.

D’origine locale (Rose de Provins) ou lointaine (Sang-dragon d’Asie, Opium d’Egypte), les « drogues » de l’Antiquité voisinent avec celles nouvellement découvertes dans le Nouveau Monde (Quinquina ou Ipécacuanha des Amériques).  Les inscriptions les plus courantes (Angélique, Bourrache, Poivre) côtoient les plus extraordinaires (Crâne humain, Corne de cerf, Momie, Pierres précieuses), et les remèdes « mythiques » (Thériaque, Bézoard, Mandragore).

Par le biais de ces boîtes médicinales illustrées, c’est un aperçu de l’histoire de la médecine et de la pharmacie qui s’offre à nos yeux.

Parmi les boîtes de forme cylindrique, il a été découvert sous la peinture du 18e siècle, des couches plus anciennes. Cinq de ces boîtes ont retrouvé, lors de leur restauration, leur décor initial datant du 16e siècle, typiquement Renaissance. Ces boîtes avaient été repeintes au goût du 18e siècle pour figurer dans cette pharmacie de l’Hôtel-Dieu-le-Comte.

Les faïences : albarelli, chevrettes, pot-canons, piluliers

Voir l'image en grand Chevrette "O. Canum"

L’ancienne apothicairerie des comtes conserve également plus de 400 pots de pharmacie, des plus anciens tels que les albarelli, ou « pots de Damas », en majolique des 16e et 17e siècles, jusqu’aux fines porcelaines du 19e siècle. Mais la majorité des pots sont en faïence du 18e siècle, originaires des ateliers de Nevers. Elégantes et charmantes dans leur simplicité, d'allure un peu rustique, ces faïences sont d'un blanc laiteux sobrement décoré de bleu : guirlandes de feuillages et de fleurs. Un cartouche donne, en latin, le nom de la préparation : Onguent de Rose, Sirop d’Absinthe, Huile de Lombric…

Les trois sortes de pots d’apothicaire de l’époque sont représentées : chevrettes (vases ovoïdes symbole des apothicaires contenant les liquides visqueux, sirops, huiles, miel…), pot-canons (pots cylindriques qui renfermaient onguents et pommades composés de poudres mélangées à du sirop, du miel, des pulpes végétales) et piluliers.

Voir l'image en grand La légende de Notre-Dame de LiesseParmi les pots de pharmacie sortis des ateliers de Nevers au 17e siècle, sont à remarquer deux rares chevrettes au décor « à la bougie » et deux pots au décor historié de la légende de Notre-Dame de Liesse.

La grande salle présente également une collection importante de mortiers en bronze des 16e et 17e siècles, dans lesquels étaient pilés les ingrédients servant à la confection des remèdes.

Y figurent également de nombreux objets en étain, modestes objets ordinaires comme les écuelles, gobelets et pichets des malades et objets exceptionnels réalisés par des maîtres troyens au 17e siècle, comme une cimarre (aiguière) et une grande fontaine à thériaque qui contenait une préparation pharmaceutique composée de diverses drogues et considérée pendant près de 2 000 ans comme la panacée universelle contre les maladies, empoisonnements, fièvres et morsures de serpents, et même la peste.

Sans oublier, enfin, les dizaines de flacons de verre, aux bouchons et étiquettes rehaussés à la feuille d’or.

Le « laboratoire »

Dans la pièce voisine, sont présentés des objets provenant de l’Hôtel-Dieu : seringues à clystères, livres de médecine… échantillons de produits jadis contenus dans les boites médicinales : momie, yeux d’écrevisse, chardon bénit…

De l’Hôtel-Dieu-le-Comte, édifice religieux par définition, sont conservés des objets de dévotion : reliquaires, crucifix et croix de procession, richement sculptés et ornés. A noter : le grand reliquaire en forme d’église gothique, datée de 1520, orné des effigies des saints médecins Cosme et Damien, ceux de sainte Marguerite et de saint Barthélémy.

Le laboratoire présente la collection rassemblée par Jean-Marie Denis, pharmacien, léguée à la ville de Troyes. Acquis par ce collectionneur passionné, pots d’Italie, Espagne, Delft, Anvers, de Lyon, Valence, Nevers, Paris, retracent l’histoire du pot à pharmacie.

Le pharmacien collectionneur a donné également divers objets scientifiques (seringues, appareils de mesures…) ou destinés aux malades (« canards », biberons, boites de remèdes et médicaments).

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Adresse du musée

31 Quai des Comtes de Champagne
Tél. : 03 25 80 98 97
mail : musart@ville-troyes.fr

Horaires

Du 1er avril au 31 octobre
Du mardi au dimanche
10h - 13h / 14h - 18h
Fermé le lundi

Du 1er novembre au 31 mars
Du mardi au dimanche
10h - 13h / 14h - 17h
Fermé le lundi

Tarifs

Adulte : 3 €
Groupe (+ de 12 pers.) : 2 €/pers.

Gratuités
Moins de 18 ans
Etudiants de moins 25 ans
(sur présentation de la carte)
Demandeurs d’emploi
ICOM
Journalistes

Entrée gratuite pour tous, le 1er dimanche de chaque mois.


Entrée gratuite du 1er novembre au 31 mars.